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 le regard d'un ange (caxane)

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Cahan Ortiz

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MessageSujet: le regard d'un ange (caxane)   Jeu 24 Nov - 19:47

tes lèvres trempent dans ce café encore fumant alors que tes yeux parcourant d'un regard distrait les informations se trouvant dans le journal. tu viens d'engloutir une dizaine de mignardises, celles que tu commandes tous les dimanches. t'aimes tes habitudes, autant que tu les détestes. elles te rassurent et t'agacent à la fois. parce que tu sens que ta vie n'a pas de sens le dimanche, que ta raison de vivre n'est plus. et autant le dire tout de suite, tu te fais foutrement chier. alors tu viens boire un café - l'énième de la journée - dans cette pâtisserie devenue presque un refuge. tu relèves les yeux comme si une présence t'y poussait. tu mets un certain temps avant de te rendre compte que cette demoiselle qui vient d'entrer ne t'est pas inconnue. les traits de son visage bien moins tirés, un demi-sourire égayant sa face, mais toujours ces yeux intenses. tu ne peux empêcher ton regard de les suivre, elle et cet homme qui l'accompagne. tu ne penses pas à être discret dans ta démarche, tu ne cherches même pas à l'être. tu la fixes simplement, l'observe pour la comprendre. elle ne te portes aucune attention, elle n'a d'ailleurs pas tourné le regard dans ta direction. mais son ami, si. tu te demandes qui il est, qui ils sont l'un pour l'autre. tu sais, à leurs gestes, qu'ils sont proches, mais ton intuition te faire savoir qu'ils ne sont pas intimes. l'homme fait un signe de tête dans ta direction et tu sais que tu es grillé. alors, d'une traite tu décides de terminer ton café. délaissant ton journal sur la table, tu te lèves et t'avances doucement vers elle. et elle te voit, enfin. et tu vois qu'elle est surprise, qu'elle est méfiante. t'hésites à t'immiscer dans sa vie, toi le simple médecin distributeur de pilule du lendemain. tu n'en as pas les droits et pourtant tu les prends, à pleine main, tu les attrapes et t'engages une discussion qu'elle souhaiterait sans doute d'ors et déjà terminée. bonjour tu sens une tension entre vous trois. l'homme est tout aussi méfiant qu'elle, mais peut être plus intrigué. toi, tu souris. tu souris pour faire bonne impression, mais également parce que la situation te paraît comique. voilà plus de deux semaines que tu traînes sur les trottoirs le soir dans l'espoir, peut-être, de la croisé aux détours d'une rue. deux semaines que tu te demandes comment elle va, ce qu'elle devient. tu ne peux pas expliquer toi même les raisons qui te poussent à penser à cette petite femme blonde. elle, la prostituée de vénus. mais t'y penses et ça t'obsède presque. alors oui, tu tentes ta chance d'en savoir plus, maintenant que tu la croise par le plus grand des hasards.
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Roan O'Neill

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MessageSujet: Re: le regard d'un ange (caxane)   Jeu 24 Nov - 22:02

habitude matinale qui avait trop longtemps été oubliée. ça faisait plusieurs semaines, que je ne venais plus avec solenn dans cette pâtisserie qui faisait nos matins de week-end, hebdomadairement. je n'avais plus envie, d'y venir, de sortir, j'avais l'impression que j'allais croiser l'homme, à chaque fois que je mettais un pied dehors. mais solenn l'avait remarqué. et moi, je n'avais rien d'autre à dire, à part que j'étais malade. alors non, je ne peux pas rester malade pendant plus de deux semaines. et avec tous les médicaments qu'il me faisait ingurgiter, chaques jours... ç'en était impossible, en toute logique. mais sortir, être avec lui, entendre sa voix, rire à ses blagues, ça me faisait du bien. je n'avais pas pu arrêter le travail. même si vénus m'y avait autorisé. m'avait dit de prendre mon temps. je pouvais pas. je pouvais pas m'arrêter de vivre. c'était inévitable. je le savais, au fond. mais c'était dur de s'y faire. et puis ça allait mieux, mais ce contact, cette chaleur humaine, qu'un homme me frôle, un souffle sur ma peau... c'était dur. flippant. j'en tremblais. les clients faisaient pas gaffe. solenn, lui, il l'avait remarqué. que je pouvais pu me blottir contre lui, comme avant. j'avais d'abord cette impression, incontrôlable, d'être sale, indigne, que j'étais qu'une salope. puis quand j'essayais, je revoyais ce moment. et je pouvais pas, nan, je pouvais pas. pourtant c'était mon frère, il était là pour moi, y'avait aucune raison... j'étais habillée simplement, aujourd'hui. la veste en jean, un peu trop large, que j'empruntais à solenn depuis des années maintenant. elle ne portait plus son odeur, depuis longtemps, mais j'aimais la mettre. et puis une chemise, simple, et un jean. dans cette tenue, on ne me remarquait pas. j'étais une fille, lambda. le soir, dans ces rues, on me voit, on se retourne, on me dévisage, ou on me désire. être là, ce matin, avec solenn, ça me fait du bien. oui. c'est qui ce mec qui te fixe ? je trésaille, fronce les sourcils. et si c'était lui ? non. non, pas ici. pas avec solenn. et s'il venait me voir, et s'il parlait, et si solenn l'apprenait... ? je regarde celui qu'il me montre, d'un signe de tête. un homme qui se lève, un homme qui vient vers nous. ce n'était pas lui. c'était le docteur. le seul qui savait, avant vénus. le premier au courant. et il venait me voir. pourquoi ? présence imposante. je me mord la langue. il nous salut. solenn le regarde, les sourcils froncés. puis il me jette un coup d'oeil. je sais qu'il se demande qui c'est, je sait qu'il se méfie. et moi, j'ai rien à lui répondre. bouche-bée, je ne peux pas répondre, ni à cahan, ni à solenn. pétrifiée. pourtant, le médecin sourit. pourtant, il est chaleureux. il l'a toujours été, après tout. le peu de fois où j'ai pu le voir, et même ce jour là. mais je ne peux pas. pas ici. je ne suis pas roxanne. je suis roan. mais je ne peux que remercier cahan, mentalement, de ne pas avoir prononcé ce pseudonyme pour m'interpeller. je cligne des yeux, me rendant compte qu'il attend, qu'il veut parler. je n'ai toujours pas répondu, je ne sais toujours pas quoi répondre. je regarde solenn. il voit mon malaise. il me connait, trop bien. comment fais-je alors, pour lui mentir, depuis tout ce temps ? je vais aller commander ro', y'a pas mal de monde, c'est mieux de prendre à emporter, je vais au comptoir. au revoir. il salut finalement le médecin en se levant, prenant vivement ma main pour la serrer. je me crispe, mais le laisse faire. je ne peux pas faire autrement. il sourit poliment à cahan et il part, il nous laisse. pourquoi ? pourquoi solenn, fais-tu ça ? je baisse les yeux, ôte mes mains de sur la table et les rabat sous cette-dernière, les liant entre elles, me renfermant, comme si je voulais me faire petite. asseyez-vous, si vous voulez... que pourrais-je proposer d'autre ? je ne peux pas lui dire que je ne veux pas lui parler. pas lui dire que je ne veux pas revenir sur ce que je lui ai demandé il y a deux semaines. pas revenir à cette journée, horrible, que je redoute tous les soirs sur les trottoirs.
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Cahan Ortiz

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MessageSujet: Re: le regard d'un ange (caxane)   Ven 25 Nov - 22:30

silencieuse, elle semble encore plus gênée que ce à quoi tu t'attendais. tu t'en doutais pourtant que ta venue n'allait pas spécialement lui plaire. après tout qui es tu pour elle ? toi, le simple médecin fournisseur, l'homme qui se doit de se taire. tu l'accostes le plus banalement possible, t'essayes de ne pas être trop envahissante, trop personnel alors son nom tu ne le prononces pas. roxanne. tu vois bien que l'homme à ses côtés se méfie de toi, se demande qui peux tu bien être. et tu restes souriant, chaleureux, comme à ton habitude. tu t'apprêtes à te présenter, cherchant à gagner sa confiance, mais il te coupe l'herbe sous le pied et décide de vous laissez seuls. ça te surprend, un peu. mais t'apprécies son geste. tu le salues à ton tour, alors qu'il s'éloigne en direction du comptoir pour passer leur commande. asseyez-vous, si vous voulez... sa petite voix, douce et timide, te ramène vers elle. ton regard la fixe à nouveau, tandis que tu restes debout. étonnement, tu ne sais pas comment t'y prendre avec elle, comment l'amener à te parler. c'est pourtant quelque chose d'habituel chez toi, quelque chose que tu fais constamment, toute la journée, toute la semaine. mais là non, tu bloques. c'est pour ça que tu ne prends pas place à ses côtés. je voulais juste savoir comment tu allais. ta voix est calme, reposante et tes yeux de même. t'essayes de lire en elle, mais c'est comme si les pages de son histoire t'étaient totalement closes. tu te doutes que le sujet est sensible et ce même après deux semaines. parce qu'une chose comme celle-ci, on ne la digère pas aussi facilement. tu sais quoi, c'est idiot. tu soupires doucement, laissant ton regard se perde dans la foule puis revenir à elle. tu finis par t'asseoir face à elle, les mains croisées sur la table. tu la regardes, tu ne fais que ça finalement. tu n'as pas besoin de parler de ça en fait, tu peux ... parler d'autre chose. par exemple quelle pâtisserie tu préfères ici. t'as bien conscience que ton comportement peut paraître étrange, même réellement bizarre. mais tu t'en moques. tu te soucis de cette petite femme frêle et si elle ne désire pas parler de ses soucis alors ainsi soit-il. tu lui restes ouvert à la discussion. en fait, t'as comme besoin de lui parler, d'apprendre à la connaître elle, pas la prostituée qui est venue te voir pour une pilule. tu t'enfonces dans ton siège, guettant de temps à autre la place dans la file d'attente, que tient l'homme qui lui tenait compagnie. intérieurement t'espères qu'elles ne font pas accélérer la cadence et te permettre d'engager une discussion un peu plus élaborée que comment ça va ? ou t'aimes manger quoi ?parce que jusqu'ici la situation de ton point de vue frôle le ridicule et tu ne supportes pas ne pas être dans ton élément. d'être décontenancée par une si petite chose qui ouvre finalement la bouche.
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Roan O'Neill

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MessageSujet: Re: le regard d'un ange (caxane)   Dim 27 Nov - 16:50

il reste debout, j'ose toujours pas le regarde. j'évite sa silhouette, passent d'un mur à l'autre, d'une personne à l'autre, sans jamais m'attarder sur lui, sur sa carrure, sur son visage, bienveillant et pourtant si gênant. c'est pesant, c'est frustrant. ici je n'aime pas, ici ce n'est pas bien. c'est une connaissance professionnelle. d'une profession que je cache, d'une profession que je n'aime pas. une connaissance que je n'aurais jamais eu à rencontrer si je n'étais jamais entrée dans ce cercle malsain. il ne s'assied toujours pas. pourquoi est-il là ? pourquoi ne dit-il rien ? que veut-il à la fin ? je jette un coup d'oeil à solenn qui fait la queue, encore, je veux qu'il revienne, que nous partions, je veux rentrer à la maison, retrouver le canapé, retrouver mes couvertures, retrouver les odeurs familières, ne plus avoir à regarder autours de moi, si un client n'est pas là... je veux retrouver mon téléphone. retrouver cette discussion, que j'ai, avec le même homme, mais sans ces questions qui tournent autours de ma personne. je veux être cette fille, qu'il ne connait pas, qu'il veut apprendre à connaître. je veux être roan, pas roxanne. je voulais juste savoir comment tu allais. je vais bien. oui, je vais bien. je vis ma vie. je passe au dessus. pourquoi me demande-t-il ça ? il est médecin, pas psychologue. il à l'habitude des putes qui viennent le voir, pour ce genre de demandes. et puis, il a l'habitude, que ça tourne mal, avec les catins. qu'elles soient violentées. il n'a pas a s'en faire pour moi, non, je ne suis rien. juste une prostituée comme une autre, qui a fait son métier. je baisse les yeux, je tremble, je peux pas m'en empêcher, c'est le problème. tu sais quoi, c'est idiot. je fronce les sourcils, et je me redresse. je fixe son visage, qui s'attarde sur ce qu'il se passe autours de nous. mes yeux se perdent sur ses traits. il connait mon secret. je ne peux pas l'oublier. il sait ce qu'il m'est arrivé. et je ne peux pas l'ignorer. quand il se retourne vers moi, je détourne la tête. telle une collégienne qui se rend compte qu'elle fixe trop intensément un garçon de sa classe. tu n'as pas besoin de parler de ça en fait, tu peux ... parler d'autre chose. par exemple quelle pâtisserie tu préfères ici. je cligne des yeux. les pâtisseries. solenn sait, lui, quelle est celle que je préfère. moi aussi. mais solenn le dit ben, solenn le fait bien. et puis je lève les yeux vers lui. la bienveillance se lit sur son visage; cette expression indescriptible; cette aura de confiance qui l'entoure, qui l'habite. le chausson aux pommes d'ici est excellent. ma voix raisonne dans ma tête, je m'empêche de grimacer, je m'empêche de lui faire remarquer qu'il y a ce tiraillement, entre l'envie de lui parler et celui de fuir, de partir. et s'il découvrait que je ne suis pas roxanne, que je mens, à tout le monde. que ma vie est un mensonge, qu'elle éclate en mille morceaux à chaque fois que je quitte mon appartement pour revêtir ces vêtements trop osés et ce maquillage faussé. leurs paniers de viennoiseries aussi le sont, avec un bon chocolat chaud et de la crème chantilly. c'est toujours ce qu'on prend, avec solenn. un panier de viennoiserie, et deux chocolats. j'imagine que vous préférez le café ? je le questionne, je poste mes yeux dans les siens, je souris un peu, timidement, sans doutes. mais il m'intimide, ses yeux, ses traits, sa présence. je baisse les yeux, sens le sang me monter au visage, aux joues. vous...vous avez une tête à aimer le café...
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